Précédemment, dans la paracha Vayetse : Yaakov (Jacob) s’était enfui de chez son frère Essav (Ésaü) après avoir reçu sa bénédiction. Il a passé vingt ans chez Lavan, où il a épousé Léa, Rahel, Bilha et Zilpa, et a eu onze fils et une fille. Après des années de labeur, alors que sa famille et sa fortune grandissaient, Dieu lui ordonne de retourner en terre de Canaan. Au moment du départ, Lavan le poursuit, mais ils concluent un pacte de paix. Désormais, Yaakov rentre chez lui, conscient qu’il devra affronter Essav, le frère qu’il a trompé tant d’années auparavant.
Résumé de la paracha Vaïchla'h : Yaakov envoie des messagers à Essav, qui vient à sa rencontre accompagné de quatre cents hommes. Yaakov, inquiet, divise sa famille et ses biens en deux groupes, espérant qu’au moins l’un d’eux pourra s’échapper en cas d’attaque. Il prie Dieu de le protéger et envoie à Essav des présents composés de bétail pour apaiser sa colère. Cette nuit-là, Yaakov fait traverser le fleuve Yabok à sa famille. Resté seul, il lutte jusqu’à l’aube avec un mystérieux adversaire. Celui-ci blesse la hanche de Yaakov mais le bénit et lui donne un nouveau nom, Israël, car il a lutté avec Dieu et avec des hommes, et a tenu bon. Yaakov sort de cette épreuve en boitant. La Torah ordonne alors aux enfants d’Israël de ne pas consommer le nerf sciatique (gid hanaché) des animaux, en souvenir de la blessure de Yaakov.
Yaakov aperçoit Essav qui approche et s’incline devant lui à sept reprises. Essav court vers lui, l’embrasse, et tous deux pleurent. Yaakov présente sa famille. Essav refuse d’abord les cadeaux, mais Yaakov insiste et Essav finit par accepter. Essav propose de voyager ensemble, mais Yaakov décline, expliquant que ses enfants et ses troupeaux doivent avancer lentement. Essav repart vers Séir, tandis que Yaakov se rend à Souccot puis à Chekhem, où il achète un terrain et érige un autel.
À Chekhem, Dina, la fille de Yaakov, sort voir les femmes du pays. Chekhem, fils du prince local, la prend et couche avec elle. Désireux de l’épouser, il demande à son père, Hamor, d’organiser l’union. Les fils de Yaakov sont furieux. Hamor et Chekhem proposent à Yaakov et à ses fils une alliance et des mariages mixtes, offrant de faire circoncire tous les hommes de la ville. Les fils de Yaakov acceptent à condition que tous les hommes soient circoncis. Le troisième jour, alors que les hommes souffrent, Shimon et Lévi, frères de Dina, attaquent la ville, tuent tous les hommes, délivrent Dina et s’emparent des richesses. Yaakov est bouleversé, craignant la vengeance des peuples voisins, mais ses fils répondent qu’ils ne pouvaient pas laisser leur sœur être traitée comme une prostituée.
Dieu ordonne à Yaakov de se rendre à Beit El pour y ériger un autel. Yaakov demande à sa famille d’abandonner les idoles étrangères, purifie sa maison, et ils voyagent en sécurité jusqu’à Beit El. Dieu apparaît à Yaakov, le bénit et confirme son nouveau nom, Israël. Il lui promet que des nations et des rois naîtront de lui, et que la terre sera donnée à sa descendance. Yaakov dresse une stèle et y verse de l’huile.
En quittant Beit El, Rahel a un accouchement difficile et met au monde Binyamin (Benjamin), le douzième fils de Yaakov. Rahel meurt en couches et est enterrée sur la route d’Efrat, qui est Bethléem. Yaakov érige une stèle sur sa tombe. Reouven, l’aîné de Yaakov, couche avec Bilha, la concubine de son père, et Yaakov l’apprend.
La Torah énumère les douze fils de Yaakov, nés à Paddan-Aram. Yaakov rend visite à son père Yitzhak (Isaac) à Hébron. Yitzhak meurt à l’âge de 180 ans, et ses fils Essav et Yaakov l’ensevelissent. La paracha se termine par la liste détaillée des descendants d’Essav, des chefs d’Édom et des rois qui ont régné en Édom avant qu’il y ait des rois en Israël.
Une réflexion sur la paracha : L’un des moments les plus marquants de cette paracha est la rencontre entre Yaakov et Essav. Après des années de peur et de remords, Yaakov s’attend au pire, mais Essav l’accueille avec une étreinte et des larmes. Cela nous enseigne que même les blessures profondes et les vieux conflits peuvent guérir. Parfois, tendre la main, faire preuve d’humilité et demander pardon peuvent transformer une relation. La paracha nous rappelle que chacun peut évoluer, et que la réconciliation est possible, même après de longues années de séparation et de souffrance. Le courage d’affronter le passé et la capacité de pardonner ouvrent la voie à un avenir nouveau.
Créé par Rav Ari (IA)
